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20 sujets de 1 à 20 (sur un total de 22)
    • Rang: Reine
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      77 pts

      Le constat :
      Le prix des miels s’est effondré dette année – 20 à – 25 %.
      Il est difficile de donner une explication rationnelle dans la mesure 0ù on ne dispose pas de tous les chiffres indispensables (volumes d’apport chez les négociants, leur marge, et volumes de revente de leur part).
      C’est juste pour chercher à comprendre s’il y a trop de miel ou effet d’aubaine.
      Et qu’on oublie de nous rabâcher que l’on ne produit que 40 ou 50% de la conso des français ; en fait, à travers les prix du miel le négoce nous explique que nous produisons trop.
      De toute façon, nous ne serons jamais concurrentiels avec les miels de pays beaucoup plus pauvres que nous, dans cette situation cette activité n’a aucun avenir.
      Il y a des explications, une moindre appétence de l’achat en rayon de GMS , une partie des clients potentiels ont perdu la confiance (quand on n’est pas certain que l’étiquette corresponde au contenu) les miels conditionnés en France ne rassurant pas.
      Ensuite des récoltes de miels de cultures, régionalement importantes qui viennent tirer les prix vers le bas.
      On n’éludera pas l’inflation et les dépenses contraintes qui concernent tout la monde.

        Rang: Reine
        Messages: 1430
        77 pts

        Bon j’ai été bloqué et je poursuis.
        Présents sur ce marché des producteur de miels en volume depuis les années 80, il y a eu des hauts et des bas mais dans les métiers de l’agriculture dont on a méprisé les acteurs, l’apiculture en travaillant dur a nourri son homme .
        Dans notre région, à la suite de récoltes déficitaires, les trésoreries ont été mises à mal et cet effondrement du prix des miels va les achever.
        On peut passer un cap, si on est assis avec un peu de trésorerie d’avance et un investissement ramené à zéro, mais ça ne va pas plus loin.
        Par rapport à nos débuts, les récoltes ont diminué de moitié et le coût de production de notre miel a beaucoup augmenté y compris la charge de travail à la ruche ; vient s’ajouter les problèmes de la santé de l’abeille.
        Maintenant voyons les choses en face:
        -Nous sommes incapables de survivre en produisant du miel à ce prix.
        Pour moi, trois solutions:
        -Changer totalement de métier, partant du principe qu’on n’a qu’une vie et que cette activité dans ces conditions nous tire vers le bas.
        -Exercer une autre activité en gardant quelques ruches en fonction des disponibilités pour ne pas perdre le lien.
        -Passer à la vente de détail : produire moitié moins mais ne pas brader.
        Cette dernière option est aussi un changement de métier, n’est pas la plus simple, vient se heurter à un marché concurrentiel mais permet de rester avec l’abeille.
        J’espère que ma vision de l’avenir dans ce domaine sera démentie par les faits, mais je n’y crois pas beaucoup.

          Rang: Nourrice
          Messages: 70
          • Effectivement les prix bas et la difficulté de vente vont achever les apiculteurs professionnels de France déjà en difficulté… Moi je comptais m’installer en professionnels a un moment mais c’est réglé j’ai fait le choix de rester entre 50 et 100 ruches avec mon travail a côté pourtant avec une reprise de mon grand père qui avait 200 caisses donc j’ai déjà du matos et miellerie mais vraiment trop dur pourtant je suis très passionnée d’abeille et m’investis a fond dedans. Je comptais même monter jusqu’à 200 mais je pense vers les 70 je vais rester ça me fera un complément de salaire et j’arriverai sûrement a tout écoulée au pots… Je pense que les apiculteurs professionnels qui vende au fûts sa va être très compliqué.
            Rang: Reine
            Messages: 1590
            Nb de ruches: 10
            Localisation : 50530 Lolif, Manche
            21 pts

            Cela fait aujourd’hui un bon siècle que l’apiculture est devenue un métier à part entière.
            La parenthèse est en passe de se fermer, ou plutôt de resserrer l’effectif au moins d’apiculteurs possibles.
            Cela se déroule depuis longtemps en agriculture, les mêmes causes ayant les mêmes effets, la filière apicole suit le mouvement.
            Nous avons, comme les agriculteurs, donné les clés de la filière aux coopératives.
            Nous en sommes a la suite logique et prévisible de cette situation : le producteur devient la variable d’ajustement du marché.

            J’ai connu ma mère au début des années 1990 qui luttait pour sauver les accords du GATT, qui permettaient une régulation aux frontières des produits moins-disants étrangers. Nous étions alors selon le grand public “des passéistes”, qui ne savaient pas vivre avec le sacro saint “progrès”… Et on avait rien compris au commerce bien entendu.
            L’OMC est venue remplacer le GATT en 1994, et ma maman m’a traîné de rencontres en manifestation contre la fin du contrôle des produits aux frontières. Mais encore une fois, nous étions des idiots, assimilés à l’extrême droite (qui a pourtant vite retourné sa veste sur la question européenne), et les lacrymos et autres coups de matraques étaient considérés comme mérités… Jusqu’au meurtre pur et simple de militants durant cette période, en Europe comme ailleurs….

            Bref, trente ans plus tard les prédictions des marginaux de l’époque se révèlent exactes, et les insultes prennent un autre sens…
            Malheureusement il est bien tard pour agir.

            Des collègues normands ont organisé un manifestation à Paris afin d’inciter l’État à réagir, mais peu de monde sur place… Et que demander?
            Des prises en charge des cotisations MSA sur les années difficiles? Solution d’urgence mais inefficace à long terme (la MSA étant déjà déficitaire et dépendant du régime général)…
            Les contrôles aux frontières?
            Ok mais alors dans les deux sens, et on achète plus en Chine?
            Moi je suis partant, je l’ai toujours été!
            Qui suivra?

              Rang: Reine
              Messages: 1430
              77 pts

              Chez nous, l’an dernier a été prise la décision de prendre la retraite alors qu’on avait bien l’intention de poursuivre quelques années.
              En même temps on a pensé que cela libérerait du temps et quelque moyen pour aider la génération qui nous suit.
              Les difficultés à produire des volumes étant constantes, la baisse drastique des prix est un coup de poignard ; il y a urgence à prendre une décision.
              Nous avons participé activement à la création et au fonctionnement des organismes apicoles départementaux puis régionaux (ADAQ) pour constater que l’apiculteur, le plus souvent travaille seul (particularité du métier) pour tout un tas de raisons.
              Tu le dis, on sait qui a le pouvoir, exemple quand un conditionneur décide de ne pas acheter une qualité de miel parde que les volumes proposés sont trop faibles, qu’il ne veut donc pas développer une ligne , les marges étant insuffisantes (explication donnée) il ne reste plus qu’à le brader à l’étranger en travaillant pour des prunes, là il s’agit de miel de cru apprécié.
              Ce n’est qu’un exemple qui n’explique pas tout loin s’en faut mais qui fait partie du désenchantement pour ce métier et le mot est faible.
              Le marché du miel a une autre tare qu’on ne retrouve pas forcément pour d’autres production agricoles, la production est variable à l’extrème, années pléthoriques (de moins en moins chez nous ) suivies d’années minables.
              Quand on n’a pas, ce qui est le cas de pas mal d’exploitations de possibilité de stocker, on est mal régulièrement faute de volumes à vendre ou baisse des cours les bonnes années. Ceux qui auraient peut être les moyens financiers de stocker pour lisser les cours et stabiliser le marché ne le font pas pour de bonnes ou mauvaises raisons.
              Il y a bien un syndicat composé exclusivement d’apiculteurs professionnels auquel nous avons adhéré longtemps mais les égo des uns et des autres l’ont placé sous perfusion et c’est très dur de voir ça.
              C’est très compliqué à vouloir résoudre : il y a par exemple des volumes très importants de miels de plantes de grandes cultures impossibles à commercialiser en l’état par l’apiculteur que seul le conditionneur a les moyens humains et matériels d’écouler, c’est un passage obligé.
              Au train où les choses s’accélèrent, il se pourrait qu’à terme les GMS  n’aient plus de miels français fournis par les conditionneurs, certains s’en féliciteront, notre activité sera défunte , ne survivront que les apiculteurs mettant en pot.
              On notera quand même que dans la conjoncture actuelle une partie du territoire dispose d’une offre conséquente, que le porte monnaie limite la clientèle et que des ménages aux revenus moyens limitent leur consommation de notre beau produit.
              Ceci n’est pas un cahier de doléance, c’est une partie du constat qui expose une petite partie des problèmes mais n’apporte pas de solution.
              Au moins que vous sachiez ce qu’il en est de la vraie vie, pas d’intelligence artificielle en vue pour nous sortir de là.
              Parce que quand même : il s’agit d’une activité “noble” qui participe activement au travers de ses ouvrières au développement d’autres productions agricoles et au maintien de ce qu’il subsiste de notre biodiversité, ceci en étant des actifs de la vie rurale !
              Ceci mériterait bien un autre sort.

                Rang: Nourrice
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                3 pts

                Bonjour ,

                En réponse à CSDJO ; pour ma part travaillant dans le domaine des achats de céréales en parallèle de mon activité d’apiculture , j’aime bien aller chercher les statistiques de production et d’importations ( portail des douanes françaises ) .

                En partant d’éléments factuels:

                2023

                – consommation annuelle de miel en France , 35 a 40000 t par an
                – production 2022 (source ADA) = 30700 t
                – importation 35000 t
                – exportation 500o t .

                donc bilan : 35000 + 30000 -40000 – 5000 = 20000 t d’excédent.

                2023

                – production 33000 t
                – importation ( 22 000 t au 30/09/2022)
                – exportation 4000 t (estimatif )
                – consommation 40000 t

                33000 + 25000 ( import totaux estimés ) -5000 t export – 40000 t = 13000 t d’excédent

                En résumé , on cumule 20000 + 13000 t soit autour de 30000 tonnes d’excédent sur 2 ans soit 3/4 des besoins de consommation annuel.

                Malgré toute l’incertitude qu’il peut y avoir sur les chiffres je pense qu’il y a vraiment un problème d’offre et de demande . Les productions faibles entre 2014 et 2020 ont favorisé le
                développement massif des importations de miel à bas prix ( exemple 2,13 de moyenne en 2023 pour 3600t) de miel .

                Pour que le bilan s’équilibre  il faudra :

                – une année de faible
                production en France
                – un recul des importations ( peu probables à mon sens )
                – que la consommation de miel en France se maintienne ou augmente

                Les chiffre que j’annonce sont disponibles sur Internet ( site des douanes , ada etc…)
                Bonne journée

                 

                  Rang: Nourrice
                  Messages: 111
                  3 pts

                  Précision : les 3600 t a 2,13 c’est
                  pour du miel Ukrainien .

                    Rang: Reine
                    Messages: 1430
                    77 pts

                    Merci de nous rappeler ces chiffres.
                    Il est sûr que ces importations viennent tirer les prix vers le bas ; ce sont des miels écoulés majoritairement en GMS.
                    Et c’est aussi là que les conditionneurs font leur marge.
                    Il nous reste le créneau des consommateurs qui veulent acheter du miel français et que les couleurs bleu blanc rouge ne rassurent pas toujours tellement se fait discrète l’origine véritable.
                    Oui on est sur des années de bonnes récoltes françaises mais ne dites pas ça aux apiculteurs du sud de l’hexagone ; est ce  ce qui justifie cette plongée des cours des miels français ?

                      Rang: Butineuse
                      Messages: 267
                      Nb de ruches: 3
                      16 pts
                      Rafi a dit :

                      Précision : les 3600 t a 2,13 c’est
                      pour du miel Ukrainien .

                      Bonjour Rafi,

                      Merci pour tes précisions.
                      Donc nous sommes voués à mettre nos abeilles au chômage partiel pour qu’elles n’assument que 5 à 10 000 T de production pour 2024…
                      Le métier pour vous les pros va devenir comme l’agriculture française, merci pour tout et au revoir.
                      Bravo à tous nos gouvernants, vous avez réussi en 15 à 20 ans à sacrifier la force de l’économie Française.
                      Félicitation à tous ces bureaucrates européens, grâce à vous nous allons manquer de nourriture d’ici peu… 2 ou 3 aléas climatiques de plus, un embargo des Russes ou autres pays et ce sera fini, plus rien dans vos assiettes.

                        Rang: Nourrice
                        Messages: 90
                        5 pts

                        bonnes fêtes a tous, nous étions en début d’année prêt a faire a couple d’années supplémentaire et avions même fait quelque investissements, l’année démarrait sur les chapeaux de roues avec une très gros miellée d’acacia, mais!.. le reste de l’année fut ,une fois de plus catastrophique avec des orages en soirée presque quotidien qui on ruiné nos espoirs sur la miellé de ronce châtaignier les reste des miellées on été très médiocre
                        heureusement nous avons toujours axé la commercialisation de notre production sur le détail et le demi gros ainsi que beaucoup de transformation dans un petit laboratoire dédié, beaucoup de boulot mais bon …mais la la coupe est plaine ras le bol des aléas de tous bord ,je ne vais pas les passer en revu …ce métier a mon age devient vraiment trop pénible et trop anxiogène on plie boutique en gardant quelque ruches pour le plaisir et basta ,on va enfin prendre quelque vacances, malgré la retraite minable de la MSA! .

                          Rang: Faux bourdon
                          Messages: 705
                          1 pt

                          effectivement la filière sature, personnellement j’ai vendu tout mes futs, mais avec difficultés.
                          Si tous les apis qui conditionnent en fut doivent vendre la moitié de la production 2024 ou 2023 en pots sur les marchés, il va y avoir saturation ou alors il faut aller vendre dans le nord ouest , la ou il y a moins d’apiculteurs.
                          il faut aussi épargner et investir ailleurs pour passer ces phases plus difficile. compliqué pour les jeunes installés.
                          l’idéal serait de passer la production française en priorité et acheter ailleurs si besoin.
                          beaucoup d’apis sur les marchés critiquent les négociants, mais si ceux ci n’achètent plus ,ils vont voir arriver des concurrents prêt à casser les prix ce qui ne fera l’affaire de personnes sur les marchés.
                          peut être lancer une campagne publicitaire pour encourager les français à soutenir la filière en mangeant plus de miel car la consommation française est assez faible finalement et arrêtez de se tirez dans les pattes en mettant le miel en avant.

                            Rang: Oeuf
                            Messages: 16
                            Localisation : Aveyron
                            25 pts

                            Arrêtons de pleurer et agissons

                            Tout à fait d’accord avec les analyses et les ressentis exprimées. Oui mais on fait quoi maintenant. Dans mon département le 12 nous avons fait une action sur un hyper de Rodez il y a une semaine : tout le rayonnage miel + tête de gondole chandeleur à été vidé des miels d’imports par un groupe d’agriculteurs (une quarantaine de personnes dont les deux tiers en tenue d’apiculteur) répondant à l’appel de la conf 12. Il ne restait plus que 1 cinquième environ de miel tricolore dont un api local.
                            L’hyper un Leclerc et la boîte qui a fourni les 3 quart du miel d’import M….
                            Dans le contexte Français certains apis livrent tout ou partie de leur production à cette boîte et ce depuis des lustres. Cette entreprise ne vends plus que 1 kg sur 10 en tricolore et pire mélange un petit peu de français à beaucoup d’espagnol sous les appellation montagne ou terroir. Il est aussi de notoriété que pas mal de “miels” ne sont pas vraiment du miel et surtout de provenance asiatique. Depuis maintenant 35 années nous nous sommes fait voler notre image d’apiculteur avec la marque déposée “l’api……”
                            Dans le contexte “capitaliste” ou presque tout les coups sont permis tant qu’on ne réagis pas énergiquement, d’autres opérateurs du miel ne valent pas mieux.
                            Les apis fournisseurs de ces “empoteurs” sont à considérer comme de simples fournisseurs de matières premières destinées à l’industrie agroalimentaire tout comme la très grande majorité des agriculteurs.
                            Dans le contexte les apis qui ont développé leur propre réseau ont eu doublement raisons. Ils sont un peu à l’abri de tout les coups que le marché du commerce peut faire en se saisissant des opportunités.
                            Oui  mais tout les apis impliqués dans la production ne peuvent pas seuls vendre leurs miels. Soit par ce qu’ils sont dans une région ou l’on produit beaucoup avec peu de consommateurs locaux ou soit que ce n’est pas leur truc. C’est tout à fait mon cas et j’ai choisi dès le début de ma carrière le système de la coopérative. Je vends donc en pots (collectivement) dans un contexte d’économie capitaliste à des centrales d’achats qui cherchent le profit comme tout le monde.
                            Cette coop que je n’ai pas besoin de citer se bat depuis plus de 65 ans pour le services à ses adhérents dans un contexte toujours très tendu. Je peux affirmer que sans son existence il n’y aurait peut-être même plus de grands empoteurs de miel tricolore. D’ailleurs nous sommes maintenant devenu le premier conditionneur de miel français. Je peux vous certifier que la gouvernance est bien l’affaire de ses sociétaires. Contrairement à certaines autres coop agricoles nous gardons bien les clefs. Les règles pour en faire partie ont été assouplies afin de convenir au plus grand  nombre. L’apport total n’est plus obligatoire. Quand un sociétaire produit un miel rare ou original nos commerciaux ont le devoir de faire leur possible pour trouver la petite niche. Le service à tout le monde quel qu’il soit ou qu’il se trouve est la règle et chacun dispose d’une voix aux AG.
                            Dans le contexte de la révolte des agriculteurs, les centrales d’achat vont un peu se recentrer sur des appro tricolores, les distorsions de concurrences avec des pays tiers et des normes moindres seront peut-être un peu plus prises en compte (je mets un cierge). Les règles d’étiquetages un peu plus dans le bon sens. Les consommateurs de miel un peu plus sensibilisés et informés (pour ceux qui le travail reste à faire). Des circuits courts développés (pour contourner les marges abusives et créer des liens). Je mets donc une alternative à la sinistrose.

                            En conclusion agissons, ne nous laissons plus tondre, construisons des outils que nous pourrons contrôler, faisons en sorte que nos organismes syndicaux se bougent. Faisons des actions de sensibilisation des consommateurs et de pression sur les opérateurs (exemple de RODEZ  à répéter)

                              Rang: Reine
                              Messages: 1590
                              Nb de ruches: 10
                              Localisation : 50530 Lolif, Manche
                              21 pts

                              Le problème est insoluble il me semble!
                              Pour vendre le miel produit en france, l’idéal serait de fermer/taxer aux frontières, ce que tout le monde fait sauf l’Europe… Donc concurrence déloyale venant de partout…
                              Le soucis, c’est que si tout ce rentre est interdit et/ou taxé, quid du sirop? Quid du bois pour faire les ruches? Et autres médicaments, matériaux non produits en france?
                              On baisse nos charges en achetant à l’étranger, mais le revers de la médaille c’est que les produits de l’étranger nous font concurrence…

                              En ce moment on travaille avec des collègues avec des agris de chez nous pour définir le vrai prix de leur produit, hors primes, hors charges allégées de l’étranger… Hé bien le miel à 10€/kg ou le litre de lait à 1,50€/L, c’est clairement pas possible!

                              Faire vivre les producteur ça a un prix.
                              Et les libéraux qui gouvernent depuis l’après guerre ne voudront jamais le payer, ils préfère la démagogie raciste, et tant que ça marchera, rien ne bougera!
                              :x

                                Rang: Oeuf
                                Messages: 16
                                Localisation : Aveyron
                                25 pts

                                A MathieuA
                                En attendant on fait quoi, on se laisse tondre ou on essaie d’améliorer notre quotidien. Nous aspirons en tant que travailleur à vivre décemment. Des initiatives intelligentes individuelles ou collectives peuvent alléger la pression qui nous pèse. Pensez un peu aux familles qui ont tout misé sur ce beau métier.
                                Certains attendent la révolution depuis les années 70. Ce n’est plus mon cas depuis bien longtemps. J’ai arrêté de rêver.

                                  Rang: Reine
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                                  @mathieu

                                  “quid du sirop? Quid du bois pour faire les ruches? Et autres médicaments,”

                                  On est pas capable de produire çà en France ?? :S

                                  • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines et 5 jours par apipapy.
                                    Rang: Butineuse
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                                    apipapy a dit :

                                    On est pas capable de produire çà en France ?? :S

                                    Mais si, tout est possible, nous avons le savoir faire,reste à le faire savoir …. :lol:
                                    Tu nous enlèves les charges diverses : sociales, cout de l’électricité etc..  et nous seront presque au même prix que la production étrangère, nous avons des gens très capable en France. Et le bilan carbone sera meilleur.

                                      Rang: Gardienne
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                                      2 pts

                                      On parle toujours du consommateur qui choisit son petit pot de miel et de la production Française plus faible que la consommation de miel du pays.

                                      Il ne faut pas oublier que l’industrie agro-alimentaire et les pros représentent une bonne partie de ces stats, et là l’origine du miel n’est clairement pas une priorité à l’heure actuelle. Qui se soucie du pays de production du miel dans une glace au nougat ou un biscuit qui contient du miel, achetés en grande distribution ?
                                      Et malheureusement même le petit pâtissier du coin ne va pas perdre sa marge à acheter du miel Français pour le cuire dans ses transfos à moins de faire des produits vraiment axés sur l’utilisation du miel.

                                        Rang: Oeuf
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                                        25 pts

                                        Tout à fait vrai qu’il y a des secteurs de marché pour le miel d’import qui ne concurrence pas notre production qui se veut plus qualitative et “haut de gamme” L’industrie , le ramadan entre autres et puis on doit  admettre que des gens puissent trouver et apprécier dans les bons miels d’import des saveurs spécifiques : Romarin ou oranger d’Espagne par exemple.
                                        Mais faut-il que ces miels d’industrie ou ras des pâquerettes soient des miels véritables.
                                        Le problème provient des clients qui ne savent pas ce qu’ils achètent à cause de toutes ces astuces de l’étiquetage.

                                          Rang: Reine
                                          Messages: 1590
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                                          Localisation : 50530 Lolif, Manche
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                                          @RELAT
                                          Pour ce qui est de “faire”, tu peux me faire confiance! A 14 piges ma mère me traînait déjà dans les manifs et autres blocages pour lutter contre le libre échange dont on voit le résultat aujourd’hui! Et depuis, j’ai fais deux trois choses!
                                          Et j’accepte aussi de payer le vrai prix des choses! Directement au producteur dès que c’est possible.


                                          @Apipapy
                                          & @Willy10
                                          Ce qui coûte le plus cher dans le produit final… C’est notre travail… Alors on peut enlever toutes les charges qu’on veut, si on veut être concurrentiels avec le Brésil, il va falloir se payer comme eux : 400€ de salaire moyen… Et sans hôpital public, sans école pour les gamins, etc…
                                          Et payer les matières premières au prix de là bas… Les agriculteurs vont devoir baisser leur marges!
                                          Ça risque de nous faire tout drôle!

                                          Notre gros soucis c’est qu’on vit depuis très longtemps sur la misère des autres! Toute l’économie française est basée là dessus! On vend cher aux autres et on achète pas cher aux autres!

                                          Le problème c’est que pour leur vendre nos produits, il faut qu’on négocie pour que les leurs aient le droit d’être vendus chez nous.

                                          Alors, oui, selon moi il faut encadrer voir interdire le libre échange, mais ça implique de grosses conséquences sur notre niveau de vie, il faut pas croire que ça va être si simple. Le gros soucis que tu vas avoir c’est que ce système profite un peu a tout le monde mais beaucoup à ceux qui décident!

                                            Rang: Reine
                                            Messages: 1430
                                            77 pts

                                            Et la part de la rémunération du travail et celle du capital en prime.
                                            Le problème qui nous importe ici est celui des fermes apicoles qui produisaient jusqu’à présent une part prépondérante du miel français ; qui permettait à ces familles de vivre tout en faisant vivre aussi une économie à l’aval.
                                            Ce modèle là me semble devenu invivable économiquement les solutions étant la conversion en production d’abeilles déjà en forte concurrence, idem pour le passage à la vente de détail, reste le changement de métier.
                                            Quand à ceux qui produisent des quantités importantes de miels de culture, ceux ci entrent en concurrence directe avec les miels d’import à deux balles.
                                            Il n’en reste pas moins, pour ceux qui ont un peu de mémoire, que cette situation s’est déjà produite dans le passé donc rein n’est sûr à 1OO%.
                                            Il n’empêche que le négociant dont on ne sait pas s’il joue le jeu ou comme d’autres secteurs bénéficie d’un effet d’aubaine pourrait à moyen terme se retrouver en manque de miel français de cru ; contre productif d’aider des personnes à s’installer dans ce métier, mieux vaudrait essayer de maintenir en vie en couvrant à minima le coût du Kg de miel .
                                            Nombre d’exploitations survivent encore parce que salaire extérieur et, ou, parce que pas d’emprunt et matos amorti mais ça ne mène pas vers le durable.
                                            Nous sommes pile poil dans la description de ce qui touche le monde agricole en général ; alors il y a des niches pour les mieux placés mais les niches ne sont pas représentatives d’une profession.

                                          20 sujets de 1 à 20 (sur un total de 22)
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